Vous pensiez tout savoir sur le football ?

Vous pensiez tout savoir sur le football ? 

 

Parler football ? Je l’admets d’emblée, j’ai choisi une citation en guise d’illustration générale à cet article et quelle citation ! Positive, sans référence aux bénéfices engendrés, uniquement concentrée sur une valeur : l’essence même du sport, quelle que soit la discipline. Pourquoi ce choix en ce qui concerne le football ?

Parce qu’à l’image de tout sujet, je refuse de céder à la critique et préfère respecter le choix de ces supporters qui ont le droit d’être passionnés. Lorsqu’il s’agit de pratiquer, la randonnée est l’activité physique que préfèrent les Français. Sans surprise, le football quant à lui tient la tête d’affiche des sports préférés à travers le Monde. Pratiquée par environ 250 millions de personnes (source Wikipédia), la discipline rassemblerait une communauté de plusieurs milliards de supporters : les 10 clubs les plus supportés dans le Monde comptent à eux-seuls plus d’1 milliard de fans (source : Les transferts.com).

Rapportons cela à la population mondiale : 7.55 milliards en juillet 2017. Je pense que nous pouvons affirmer sans nuance que le football n’est pas une source anecdotique de loisir ! Alors, ne laissons pas ces dames et messieurs du ballon rond sur le banc de touche et consacrons leur un article, en toute bienveillance, la griffe notre mag’.

Comment expliquer un tel engouement ? 

La première raison de l’attrait pour le football réside dans l’Histoire et plus exactement la place du ballon pour les Hommes. Initialement, le fait d‘utiliser un ballon à la main ou au pied n’était pas considéré comme un sport, mais comme un loisir. Et ce dernier existe depuis l’Antiquité ! Si nous aimons tant le ballon, c’est parce que nous en détenons une vision d’abord ludique. Evidemment, les secrets de fabrication des premiers ballons ne provoquent pas le frisson généré par un match de foot : boyaux de chat concassés entourés de feuilles de palmier tressées ou de peaux en ce qui concerne l’Egypte par exemple. Mais qu’importe ! Le bonheur de jouer avec un ballon est tout simplement ancestral. La discipline se démarque des sports pratiqués pour les Jeux Olympiques et revêt un caractère populaire et accessible. Il ne fait d’ailleurs une première apparition discrète aux Jeux Olympiques qu’en 1896 à Athènes. Ce point est fondamental : le football a d’abord grandi dans le cœur du peuple.

Par ailleurs, même dans une approche ludique, l’emploi d’un ballon se caractérise par son universalité. Les matériaux et jeux diffèrent mais le ballon existe depuis très longtemps sur la plupart des continents. Il fait quasiment partie de l’Histoire ancienne de la majeure partie de l’Humanité.

Dès l’origine, le football est associé au spectacle ! Cette discipline trouverait ses racines historiques dans la « soule » pratiquée au Moyen-Âge en France, plus exactement dans le Nord-Ouest. Ce détail a son importance puisque la soule est « exportée » en Angleterre lors de la conquête normande, pays qui devient par la suite le berceau du football. Toujours est-il que ces soules remportent d’emblée un vif succès, d’abord par la virilité, voire la brutalité de la discipline. Les règles ne sont pas vraiment définies, mais le ballon représente quoi qu’il arrive un enjeu (le ramener dans son camp ou le porter dans l’autre camp) pour lequel presque tous les moyens sont permis.

Cette notion de « camp » est essentielle pour comprendre l’attrait pour le football. Les spectateurs défendent une équipe ou l’autre et d’emblée l’adversité ne se manifeste pas que sur le terrain. Le football est rapidement une affaire de cœur et de conviction. Pas étonnant donc qu’il tienne une place affective aussi intense !

Enfin, l’essor du football est porté par une évolution technologique majeure : la retransmission télévisée ! Le succès du football sur le petit écran n’est que très récent puisque la télévision est elle-même une invention très récente. La première retransmission publique de télévision en direct n’intervient « qu’en » 1926 en Angleterre ! L’année suivante, Ernest Chamond, directeur de la compagnie des compteurs de Montrouge (fabriquant des compteurs d’eau et d’électricité) assiste à un match de football dans ce pays. C’est une révélation pour cet homme, le premier à affirmer que le football sera un spectacle de première importance à la télévision. A son retour, il confie à son chef de laboratoire les premières expériences télévisuelles en France : de beaux moyens technologiques pour une vaste mission. Certes,  pendant de longues années, les relations entre les personnalités du football et celles de la télévision sont tendues. Mais, le visionnaire Ernest Chamond ne s’est pas trompé ! Dès les années 1980, le budget consacré à la diffusion des événements sportifs s’envole et le football, loin d’échapper à la règle, en est le symbole. Par ailleurs, si les tensions opposent publiquement l’univers de la télévision aux organismes du football, elles contribuent paradoxalement la popularité du sport, le public étant friand de ces rivalités hors terrain et vestiaires.

Colosse et controverse, le football entre adulation et agitations : 

Il en est ainsi : dès lors qu’une personne, un événement, une discipline, prennent une ampleur colossale, ils provoquent des débats houleux ! Le football incarne parfaitement ce phénomène. Rien mieux que lui ne l’incarne d’ailleurs sans doute.

Soyons honnêtes, cela n’est pas surprenant tant les chiffres du football provoquent un vertige !

Le chiffre d’affaires des 43 clubs professionnels français de football s’élèvent ) à plus de 2 milliards d’euros. Cela représente sur les dix dernières années une augmentation de plus de 50%. Au sein de ce chiffre d’affaires, la palme revient au transfert des joueurs pour un « poids » financier supérieur à 430 millions d’euros et une augmentation annuelle en constante croissance.

Parlons droits TV :  en France, les droits télévisés rapporteront  1,153 milliard d’euros prévisionnels par an pour la période 2020-2024. Ils représentent la principale source de revenus des clubs de football. Ils sont reversés selon des critères précis et pas si simples que nous pouvons l’imaginer :

– une part fixe (6,5 M€),

– la licence club (5,46 M€),

– le classement sportif de la saison écoulée,

– le classement sportif sur les cinq dernières saisons et la notoriété sur les cinq dernières saisons (source: Maxifoot). Le montant vous fait-il tressaillir ? Eh bien la France est en retard dans ce domaine ! 

Le football ne laisse pas indifférent. Et si les supporters lui vouent une réelle adulation, les détracteurs voient dans les sommes d’argent générées par la discipline, une opulence injustifiée. Une idée circule régulièrement sur les réseaux sociaux. Si l’on investissait l’argent d’une saison de football mondiale dans la nutrition, l’on résoudrait le problème de la faim dans le monde (deux fois). Mes recherches ne m’ont jamais permis de confirmer ou infirmer cette théorie. Toujours est-il que cette hypothèse nous conduit à un concept envers lequel nous sommes réticents : la rentabilité. Oui le football est « bankable ». Oui certaines personnes se priveront de denrées de base pour s’acheter un billet pour un grand match. Et alors ? Ne nous est-il pas arrivé de privilégier un loisir à un besoin fondamental ?

Vous l’aurez compris, nous entrons dans la phase où nous tordons le cou à certaines idées reçues. Ou plus exactement, nous intégrons au débat des données négligées. Malheureusement.

Le footballeur, sacralisé parfois pour son plus grand malheur : 

Les sportifs incarnent le sport. Il est donc tristement logique que les footballeurs soient les victimes directes des critiques. Leurs sont reprochés :

– leurs salaires,

– leur enrichissement complémentaire par la publicité,

– l’emploi qu’ils font de leur deniers,

– leur comportement jugé parfois « arrogant ».

Le salaire reste le principal motif de critique. Les détracteurs estiment qu’il est indécent de percevoir de telles sommes pour pousser un ballon. Cette vision s’explique par la montée en puissance populaire et ludique de la discipline qui souffre toujours de cette image de facilité.

Ce que l’on oublie dans ce raccourci …

  1. les footballeurs sont des salariés qui exercent leur métier dans un cadre. Comme tout salarié, ils doivent adopter une attitude « marketing », c’est-à-dire en adéquation avec l’image de marque du club de football auquel ils sont rattachés. Ils appliquent donc des consignes en termes de publicité, c’est dans leur contrat,
  2. ils se doivent de véhiculer du rêve. Les détracteurs attendent davantage d’exemplarité des footballeurs. Mais par essence, les considérations de ceux qui nous critiquent sont secondaires. Et les footballeurs doivent d’abord satisfaire les attentes de leurs supporters. Et qu’attendent ces derniers ? Du rêve : de beaux matchs, de beaux maillots, de grands moyens, des produits dérivés etc… Nous vivons quotidiennement avec la conviction que l’argent nous permet de concrétiser des projets importants. Alors pourquoi est-il si difficile d’admettre qu’une discipline de rang mondial avec un tel impact émotionnel sur le public puisse générer autant de bénéfices ? Curieux, n’est-ce-pas, lorsque nous nous attardons un peu plus sur la question,
  3. le football n’est pas un sport de salon. Il est parmi les plus exigeants notamment parce qu’il comporte de nombreuses cassures dans le rythme. Il demande ainsi un entrainement long et intense pour que les pratiquants disposent d’une condition physique adaptée : endurance générale, régularité des capacités cardio-vasculaires sans oublier le travail de coordination.

Les retombées bénéfiques du football sont curieusement méconnues et pourtant indéniables : 

Nous n’avons de la discipline qu’une image partielle. Comme dans beaucoup de domaines, nous avons tendance à critiquer les frasques dont nous sommes pourtant demandeurs sur le plan médiatique. Les médias répondent aussi à notre besoin de sensation. Ils respectent le fait que dans le maigre temps qui nous est imparti pour nous informer, nous sommes nombreux à privilégier une approche plus émotionnelle que descriptive. Mais le football est une sphère plus complexe qu’il n’y paraît.

  1. Les matchs participent à la notoriété locale des villes d’implantation des clubs et génèrent des bénéfices. En effet, par principe :  deux équipes s’affrontent dont une qui se déplace : autant de supporters qui vont se loger, se nourrir etc…
  2. Par ailleurs, le football joue un rôle politique symbolique. Comme tout sport, il permet l’échange et l’intégration autour des valeurs saines du sport (dépassement de soi, rigueur dans l’entraînement, respect de l’adversaire). Mais le football n’est pas un sport anodin, il est le premier à l’échelle internationale. Il est un vecteur puissant de rapprochement des peuples. Si les débordements dans les stades sont largement médiatisés, les marques de respect sont passées sous silence justement parce qu’elles sont la norme. Elles ne représentent donc que peu d’intérêt de communication,
  3. le football reste un rempart pour un patriotisme sain. Les drapeaux sont de sortie par fierté nationale et le football reste (à l’instar des sports appréciés) un moyen de sensibiliser les jeunes générations à la notion d’identité culturelle. Une approche positive et dans le respect des autres équipes (voire des autres nations),
  4. le football incarne la troisième structure d’éducation en France après la famille et l’école. Rassurant ? Oui, dans la mesure où cette structure repose sur le principe de l’égalité sociale, 
  5. Il est l’incarnation d’un principe oh combien important « il suffit de peu de choses ». Ce sport ne demande que peu d’équipements, ce qui contribue aussi à son accessibilité et son caractère populaire,
  6. le football a bon cœur et participe activement à des projets humanitaires : Balkans, Afghanistan, Kenya, Ethiopie, Soudan…entre autres nations en souffrance.  « L’UNICEF s’est associé à des organisations non gouvernementales (ONG), des entreprises du secteur privé, des organismes publics et des stars du football pour établir dans le monde entier des programmes d’éducation et de loisirs liés au football » (source site UNICEF). Le premier objectif réside dans le rapprochement : effacer les clivages ethniques, favoriser la mixité notamment. Mais ces projets visent aussi à bâtir le bien-être de l’enfant autour du sport, de lui fournir des repères, dans des pays où il peut être livré à lui-même.

Synthétisons tous ces points dans une fiche récapitulative :

 

Que conclure ? 

Cessons cette hypocrisie dont nous n’avons pas conscience. Le « foot » est LE sport du peuple. Son aura, son poids économique, ses codes publicitaires, tout émane de nous. Les décisions qui sont prises répondent à une attente de démesure que les fans assument majoritairement. Et le fan ne l’oublions est bien la personne qui se tient de l’autre côté du miroir lorsque le sportif y porte son regard. Soyons donc indulgents, nous aussi, en marge de la sélection et de l’entraînement, nous faisons d’eux des grands hommes.

Et de grandes femmes aussi ? L’importance relative que nous accordons aux femmes dans le sport à consonance virile prouve indéniablement l’influence que le fan exerce sur le sport. Si les footballeuses féminines ne bénéficient pas du même statut que leurs homologues masculins, c’est parce que notre curiosité ne se porte pas davantage sur elles. A titre d’information, les joueuses françaises se placent au troisième rang du classement de la FIFA (leurs homologues masculins tenant la septième position). Vous n’étiez pas au courant ? Pas étonnant, l’information est passée inaperçue. Le football incarne l’égalité, à nous désormais de le démontrer. C’est aussi notre rôle !

 

©Stéphanie Roux, rédactrice en chef

 

A propos de Isalys Roux 50 Articles
Après une première carrière consacrée au management au sein de l'armée de Terre, Isalys Roux s'oriente vers ses premières aspirations professionnelles : la rédaction et l'écriture. Ses thèmes de prédilection ? Société, management, parentalité, insolite, culture et littérature. Son credo ? Tout est digne d'intérêt dès lors qu'une question se pose.

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