Visibilité, la grande leçon d’humilité

Visibilité, la grande leçon d’humilité. 

 L‘obtenir, la booster : indispensable visibilité. Elle incarne  une gage de reconnaissance pour tous les professionnels. Par la visibilité, le salarié existe dans un ensemble plus vaste. Le travailleur indépendant, quant à lui, se fait connaître auprès d’une clientèle potentielle. Plus encore, une visibilité insuffisante ou limitée dans le temps scelle le destin funeste de toute activité professionnelle. Un enjeu tel que de plus en plus de travailleurs ou prospecteurs d’emploi s’y forment autant qu’à leur cœur de métier.

L’usage des supports numériques de communication est grandissant. Jamais le triptyque : « savoir », « savoir faire » et « savoir être » n’a autant reposé sur le « faire savoir ».

A quoi bon être performant si personne ne le sait ?

Si pour bon nombre de professionnels, tout est à construire en la matière, la démarche était plus complexe pour moi. Il allait falloir d’abord défaire.

La visibilité ? Ma grande leçon d’humilité !

Ma première carrière : une visibilité sans effort : 

 Pour mémoire, j’ai débuté un nouveau parcours professionnel dans l’écriture et la rédaction Web. J’ai exercé auparavant des responsabilités dans l’armée de Terre pendant quinze ans.

Cette expérience m’a été d’une grande utilité pour conduire ce projet de reconversion. Mais en matière de visibilité, la zone de confort à laquelle j’étais habituée était aux antipodes du milieu professionnel que j’allais découvrir.

1/ rassembler une communauté autour de valeurs et objectifs communs : 

Pour ce premier volet de la visibilité, la question n’avait pas même lieu d’être posée. Les valeurs militaires formaient le cadre général de mon action :

  • des enseignements dispensés à chaque strate de la hiérarchie avec la même intensité et par le même langage ;
  • des notions consolidées au fil des missions dans la difficulté et par la cohésion. Rien de tel pour rassembler.

Quant aux objectifs, même si je me devais comme manager de m’impliquer fortement dans l’adhésion autour de nos challenges, il était impossible pour mes collaborateurs de ne pas « se plier » naturellement à tous nos objectifs. C’est en les atteignant qu’ils pouvaient s’exprimer, faire la démonstration de leurs compétences et trouver leur place tout simplement.

En résumé, le défi de la « communauté » était naturellement relevé, y compris dans l’uniformité de la tenue. Difficile de faire « plus visuel ».

L’expérience que je vis comme micro-entrepreneur est très différente. Identifier des personnes sensibles à mes thématiques (qu’elles soient en accord ou en désaccord), les regrouper, échanger avec elles, les amener à échanger spontanément entre elles pour créer cet élan : un casse-tête qui m’a obligé à faire le deuil de cette visibilité naturelle.

Ou du moins une partie du deuil. Il m’est toujours aussi précieux de recourir aux méthodes que j’employais pour fédérer les énergies. Mais je ne peux jouer ces cartes qu’après une première longue phase de constitution de ma communauté et en conservant à l’esprit que le résultat ne sera pas immédiat. 

Si vous avez eu une expérience similaire à la mienne, vous passerez inéluctablement par cette période de remise en question.

2/ prendre conscience de l’importance de la visibilité : 

 Dans le commandement/le management au contact, le chef dispose d’un très net avantage. Son positionnement physique le rend systématiquement distinctif. Et lorsqu’il s’adresse à « la troupe », il est systématiquement entendu par ses collaborateurs. Ce qui distingue ensuite chaque manager réside dans la capacité à être écouté.

En tout état de cause, je ne m’étais jamais posé la question de la visibilité. Seule face à mes hommes ou « à l’avant du dispositif », il était impossible de ne pas me remarquer.

C’est dans ce point que réside une révolution majeure, un bouleversement. J’allais devoir comprendre rapidement quel bon dosage d’informations je devrais diffuser pour être reconnue professionnellement sans pour autant livrer bénévolement l’étendue de mon savoir : en résumé, ne plus me contenter de tout dire à un auditoire totalement acquis par statut.

3/ la visibilité : méthodes et outils : 

Avant de choisir cette nouvelle voie, je n’avais besoin que de deux outils pour être visible : mes directives écrites et mes ordres donnés « à la voix ». Si bien évidemment, je devais avoir consolidé le contenu avant de m’exprimer, le canal était direct, le style personnel et les interlocuteurs physiquement présents. Il était donc simple de constater les effets de ma communication sur mes collaborateurs, clients et partenaires et d’ajuster mes propos si nécessaire.

J’étais aux abords d’une nouvelle sphère : il allait falloir trouver l’entrée, en comprendre les mécanismes, en identifier les acteurs pour au final atteindre l’objectif : m’y faire une place.

Pour ce faire, mon expérience militaire allait grandement me servir ! J’ai ainsi adapté une méthode d’aide à la décision. Face au défi, quatre actions s’imposaient d’elles-mêmes : définir un cadre, étudier le milieu dans lequel j’allais évoluer, identifier les connaissances dont j’aurais besoin et choisir les outils/moyens qui me seraient utiles.

Mon expérience allait me servir mais elle n’allait pas suffire. C’est alors que le concept Maena Mag est né et si je lui avais fixé un autre objectif, j’étais sur le point de franchir une étape nécessaire : presque tout reconstruire.

 

Élaborer sa visibilité mais comment faire ?

 1/ Définir un cadre pour ma visibilité : 

     Le premier aspect de ma réflexion a tout naturellement porté sur l’identité visuelle. Mais pour la concevoir, il m’a fallu tout d’abord définir mon identité professionnelle. Que suis-je sur le marché ? Si vous vivez une expérience similaire, il vous est nécessaire de poser cette question. En effet, un officier, en situation de commandement, échappe à ce questionnement. Son identité est on ne peut plus claire. Il arbore un grade qui le positionne visuellement. Et sa légitimité est assise lors d’une cérémonie officielle, durant laquelle son supérieur hiérarchique le montre à la troupe en prononçant le célèbre « vous considérerez le capitaine — ici présent comme votre chef et lui obéirez en tout ce qu’il vous commandera ». Le cadre est en place, vous savez parfaitement ce que vous êtes professionnellement. 

D’où la révolution que vous vivez lorsque vous devez vous définir vous-même afin de convaincre : la première étape de la leçon d’humilité.

Cette première étape est primordiale pour :

  • constituer et entretenir sa communauté : vous devez fédérer autour d’un profil/d’une thématique (car vous allez communiquer sur votre activité, donc écrire en respectant une cohérence de fond et de forme);
  • élaborer ses supports de communication : logo et brand board (cf article de la graphiste Céline de Stéfano, responsable iconographie du Maena Mag : https://maenamag.fr/identite-visuelle/

2/ étudier le milieu dans lequel j’allais évoluer : 

     Dans la définition de mon identité, il m’a fallu tenir un équilibre auquel je ne m’étais pas préparée : être suffisamment dans la norme pour forger ma crédibilité sans céder à la facilité du mimétisme pour me démarquer. Être « ni tout à fait la même, ni tout à fait une autre », comme l’a écrit Paul Verlaine. En consultant les publications et surtout les réactions des personnes qui œuvrent dans le domaine que j’ai choisi, j’ai pris conscience du poids de la communauté. Si vous appliquez exactement la même méthode que vos concurrents, votre communauté s’empressera de constater que « vous servez la même soupe que les autres » mais si vous vous en écartez trop, votre originalité rendra sceptique. 

Il ne s’agit ainsi pas de simplement étudier les us et coutumes de la concurrence en termes de communication. Il est nécessaire d’approfondir l’observation et l’analyse : identifier les limites que la concurrence se fixe et leurs motifs et trouver un espace dans lequel peut la personnalité peut s’exprimer par la créativité. En effet, au-delà des différences de formation et d’expérience, le seul critère qui vous rend unique réside dans votre personnalité.

Cette étape est longue mais en lui accordant du temps, vous évitez de futurs écueils (réajustement de votre stratégie de communication et potentielle démotivation face à l’absence de réaction par exemple).

3/ De quelles connaissances ai-je besoin ? 

     Sur ce point, vous devez prendre une décision importante : acquérir ces connaissances par vous-mêmes ou les confier à un professionnel. Il faut ensuite distinguer les connaissances :

  • de fond dont vous avez besoin pour travailler au quotidien. Elles jouent un rôle essentiel dans votre visibilité puisqu’elles fondent le contenu que vous allez mettre en avant pour vendre. Vous devez savoir de quoi vous parlez;
  • techniques propre à la visibilité : usage des réseaux sociaux, création de site Web, Newsletter, référencement (pour les connaissances génériques).

Cette autre révolution m’a confrontée à une nouveauté : fini le contact direct, j’ai désormais besoin d’une vitrine pour engager la conversation professionnelle.

4/ Quels outils pour ma visibilité ? 

      Pour cet aspect, je me suis largement inspirée de mon expérience militaire, et ce pour une raison très simple. Comme j’exerçais mon commandement dans le domaine du soutien technique, la mesure des moyens était un sujet d’attention constant. Cette expérience m’a livré un enseignement précieux. Vous gagnez beaucoup de temps en anticipant le besoin. Vous devez ainsi vous concentrer uniquement sur ce dont vous avez réellement besoin. Mais il ne faut pas fermer la porte à des outils complémentaires. Le besoin évolue au fil du temps et de l’aisance

Définir ce dont vous avez réellement besoin vous permet un arbitrage:

  • parmi les outils gratuits/payants voire soumis à abonnement;
  • entre le temps et l’outil. N’hésitez pas à préférer la performance des outils pour des actions que vous maîtrisez moins et pour lesquelles vous allez moins vite « manuellement ». J’ai accordé ma priorité à 4 outils. Programmer des publications sur les réseaux sociaux me semblait indispensable. Créer un site Web m’a conduit naturellement à en améliorer et mesurer les performances. J’ai eu besoin d’accéder à un niveau professionnel en saisie et formatage texte et en montage vidéo. Dans l’avenir, je porterai l’effort sur mon identité visuelle individuelle.

 

En conclusion : 

Cette révolution demande du mental, une forme de patience réactive dans un délai toujours trop court. Il faut ainsi être capable de semer des graines à long terme tout en conservant une capacité de réaction sans se dénaturer.

Elle exige aussi de sortir de sa zone de confort en communication en parallèle de la reconversion elle-même, une période durant laquelle vous êtes alors à nu y compris face à vous-mêmes et sans avoir la certitude d’être sur la bonne voie. Seule la rentabilité vous assure concrètement de la pertinence de votre démarche de communication.

Mais, n’oubliez jamais que ce devoir de visibilité vous offre une opportunité d’expression, plus qu’une obligation. N’oubliez jamais que si la liberté porte sa part de responsabilité, elle octroie l’immense pouvoir de créer. Alors, sur ce retour d’expérience, savourez la vie nouvelle qui s’ouvre à vous.

 

 

 

A propos de Isalys Roux 50 Articles
Après une première carrière consacrée au management au sein de l'armée de Terre, Isalys Roux s'oriente vers ses premières aspirations professionnelles : la rédaction et l'écriture. Ses thèmes de prédilection ? Société, management, parentalité, insolite, culture et littérature. Son credo ? Tout est digne d'intérêt dès lors qu'une question se pose.

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