Mon mal…certes, mon projet surtout !

Le français utile : « Une histoire qui commence depuis un peu plus de deux ans.

(C’est l’histoire de Ludivine).

Là, il n’y aurait pas comme un problème ? C’est quoi cette syntaxe ?! Effectivement, pour être exacte il aurait fallu plutôt que j’écrive par exemple : « Le français utile : Une histoire qui a commencé il y a un peu plus de deux ans. »
Alors pourquoi j’ai utilisé le verbe « commencer » au présent ? Pour le jeu de mots, parce que c’est réellement une histoire qui commence et s’écrit tous les jours. Et cette récurrence, ou quand on évoque une habitude : cela entraîne l’utilisation du présent.

Chaque jour depuis près de deux ans, je me demande donc comment avancer vers le but, et même projet de vie (je vais te dire pourquoi), que je me suis fixé : celui de permettre aux personnes d’améliorer facilement leur utilisation du français à l’écrit et ainsi de reprendre confiance en elles.

 

Bref retour en arrière…

Fin 2013, ma boîte ferme et je me retrouve au chômage. On avait pourtant trouvé un repreneur, mais nos « partenaires » ont tout fait pour que la reprise ne se fasse pas, histoire de récupérer et de se partager notre part du marché. Dégoûtée par cette attitude de requins, j’ai décidé que je n’irais pas postuler chez eux.

Cet épisode de licenciement  et le stress qui y a été associé a eu des répercussions sur le caractère dégénératif de ma maladie génétique. Alors j’ai décidé, avant de rechercher activement du travail, de m’occuper de moi : J’ai passé près d’un an en centre de rééducation, après avoir attendu une place pendant près d’un an aussi.

On arrive donc à l’été 2015 où je commence à me sentir vraiment inutile et ce malgré mon investissement associatif.  J’ai alors la bonne fortune de rencontrer Marc lors d’un séminaire bouddhique. C’est un coach implanté nouvellement sur le marché, il me propose de me coacher gratuitement pour m’aider sur cet aspect de l’activité professionnelle.

Je me réinscris aussi à Pole Emploi et  je suis aussitôt contactée pour une petite mission de formation de 3h par semaine pendant 2 mois. Alors que j’envisageais de trouver un autre type de travail, ne me projetant plus, physiquement parlant, dans ce métier de formatrice, cette mission m’a reconnecté : J’aime plus que tout transmettre aux personnes ce qui leur manque et je le fais avec tellement de facilité et de plaisir que cela me remplit de joie !

Alors avec Marc, nous travaillons sur : « Comment être formatrice en tenant compte des limites de mon handicap ? » Le choix de l’activité de formation à mon domicile va vite s’imposer. Je travaille avec lui sur les services que je peux proposer, mes tarifs, mon flyer. Puis, je cherche comment officialiser tout ça : quel statut ? En auto-entreprise (à l’époque, on utilisait ce terme) ou pas ?

En mai 2016, mon bailleur m’informe de l’incompatibilité du règlement intérieur avec l’exercice d’une activité professionnelle à mon domicile. Même si je crois fondamentalement que tout ce qui nous arrive a un sens, sur l’instant je me sens carrément incomprise et traitée injustement : « C’est quoi cette société ?! Je suis une personne handicapée qui souhaite travailler pour gagner sa vie par elle-même, et on me balance une histoire de règlement intérieur qui m’en empêche !!? »

Dès le lendemain, je tombe « miraculeusement » sur la vidéo d’un charmant jeune homme qui me parle de créer du contenu de formation pour le diffuser sur le web. C’est la révélation : « Si les personnes ne peuvent venir chez moi, c’est moi qui vais aller chez elles à l’aide de ma formation en ligne. »

Alors voilà, depuis mai 2016, c’est jour après jour que j’agis pour que tout cela prenne forme : Mon site : le-français-utile.com, ma formation phare : « Je retiens l’essentiel », ma page Facebook sur laquelle je donne des live tous les mercredis soir (20h) pour répondre aux questions des gens quant aux notions, aux règles qui leur posent problème.

 

Entreprendre avec et malgré un handicap.

Dans toute cette entreprise (dans le sens : « entreprendre » quelque chose), j’ai enfin pris conscience (et accepté) de faire de moi la priorité n°1. Avec mon handicap, il m’est indispensable d’écouter les limites de mon corps. Par exemple je sais que j’ai besoin d’un temps de repos quotidien, ce qu’on appelle généralement « faire la sieste ». Je la savoure tous les jours…  J’ai aussi mes séances de kiné et de rééducation en piscine, mes rendez-vous à l’hôpital…etc. Tout ça, je ne peux y échapper.

Le reste du temps, je fais ce qu’il faut pour avancer concrètement sur mon projet, afin que Le français utile devienne un jour une activité pérenne.

Alors bien sûr, parfois le doute s’installe. Dans ces cas-là, maintenant je n’hésite plus et je vais en parler autour de moi, dans différents groupes et réseaux d’entrepreneurs sur le web ou pas.

Quand je partage mes doutes et que j’ose montrer la souffrance qui y est liée, je peux vous garantir que c’est là que presqu’instantanément l’aide arrive, comme par miracle !

Ce projet de vie, celui que j’ai de continuer à travailler malgré la maladie qui évolue et malgré mon handicap, fait que je ne m’ennuie jamais !

Grâce à lui, je garde le moral et je reste la tête hors de l’eau : il est ce qui me fait profondément me sentir « actrice de ma vie », et en plus, je me sens utile aux autres.

 

Ludivine Lesénéchal

Pigiste coaching

 

 

 

 

A propos de Isalys Roux 50 Articles
Après une première carrière consacrée au management au sein de l'armée de Terre, Isalys Roux s'oriente vers ses premières aspirations professionnelles : la rédaction et l'écriture. Ses thèmes de prédilection ? Société, management, parentalité, insolite, culture et littérature. Son credo ? Tout est digne d'intérêt dès lors qu'une question se pose.

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