La mode version déconsommation : tendance & eco-responsable

Et si nous sortions de l’engrenage de la « Fast Fashion »? 

Mais, que signifie cette expression « fast fashion » ? Vous me direz encore de l’anglicisme à la définition confuse. Il n’en est rien !!! Cela est juste un terme pour définir notre style de consommation textiles : acheter, jeter, acheter jeter.

 

Avec toute cette abondance de choix permanente, la tentation est bien grande. Et, les industriels l’ont bien compris. Ils nous appâtent et nous aveuglent avec le « bling bling » des marques, des bas prix ou encore de la tendance saisonnière.

Derrière chaque vêtement, il a de l’humain. Ne l’oublions pas ! 

Prenons l’exemple d’un tee-shirt basique en coton sans aucun label.

Au commencement, dans des pays fort fort lointains, des agriculteurs et leurs employés qui récoltent les fleurs de coton manuellement ou mécaniquement.

Après plusieurs étapes, cette récolte sera transformée en fil. Il sera ensuite tissé ou tricoté pour devenir un tissu. Ce tissu ira ensuite en  confection où il se métamorphosera en tee-shirt.

Voilà, en bref, comment est fabriqué cet habit dont la traçabilité reste très opaque. Car qui dit distribution masse, dit aussi production de masse qui rime bien souvent avec produits chimiques, gaspillage écologique, main d’œuvre sous-payée et conditions de travail discutables.

En ce qui concerne, nous, consommateurs exposés à la vue de ce tee-shirt, les critères d’achats vont sûrement porter sur l’esthétique, le prix, la marque. Et inévitablement, nous nous poserons cette question : est-il tendance?

C’est à cet instant que nous nous rendons coupables de « fast fashion ».

Nous n’avons pas pris en compte ni notre réel besoin, ni la qualité de la matière première et encore moins les conditions dans lesquelles il a été fabriqué.

 

Si je vous disais qu’il y a des alternatives à cette consommation de masse, voudriez-vous les essayer et même les adopter ???

Bien sûr, vous n’êtes pas obligés de prendre des décisions extrêmes de prendre un virage aussi brutal qu’une année sans shopping. Et vous n’avez aucun besoin de devenir experts en textile Une simple prise de conscience sur les modalités et conditions de fabrication d’un vêtement : voilà un bon début.

Je vais vous livrer pour la suite de ce grand changement, un mode d’emploi particulièrement simple à suivre et mettre en oeuvre. Et vous verrez, nous sommes très loin du régime et de sa frustration !

Premièrement : le bilan de notre garde-robe !

Il est temps d’opérer un tri en répondant tout simplement à ces questions :

– Qu’est-ce que nous portons vraiment ? (quelles sont les pièces dont nous ne nous séparerons pas !)

– Quels sont les vêtements que nous aimons mais ne portons pas parce qu’ils sont abîmés ? (que pouvons-nous raccommoder ou faire recoudre ou customiser?)

– Quels sont les vêtements que nous ne portons pas/plus ? (vêtements que nous pouvons vendre/donner)

 La vente et le don de vêtements feront l’objet d’un article spécifique. En tout état de cause, le textile se prête mal à la vente d’occasion, à moins que vous possédiez des vêtements de marque particulièrement prisés. Mais il est rare de n’avoir que ce genre de vêtements dans son dressing et tout aussi rare de ne pas vouloir les garder.  Il existe aussi des sites ou des magasins de ventes ou d’échange.

L’alternative « donner »est un bon geste plus encore si la personne en a un réel besoin. Pour ça, vous pouvez organiser des trocs chez vous qui peuvent être un bon moment à passer entre amis.  Vous pouvez aussi les remettre directement à des organismes ou des associations.

Jeter n’est dans tous les cas pas la solution. Mettre vos habits dans les conteneurs est une option dont les contours ne sont pas complètement clairs.

Deuxièmement : le bilan sur nous-mêmes…

Le tri d’une armoire peut paraître anodin, mais vous le constaterez par vous-même. L’exercice nous apprend beaucoup sur nous-même :  nous nous rendons compte de nos mécaniques d’achat. Nous constatons aussi une constante dans ce que nous aimons vraiment porter.

Au moins si nous continuons d’acheter, ce sera de manière réfléchie, en nous concentrant sur ce que nous aimons principalement.

Troisièmement : passons à l’action !

Il faut catégoriser vos tenues ! N’oubliez pas que vous « combinez » des pièces de tenue.  Et dans la combinaison se trouve une mine d’or insoupçonnée : le basique ! Si vous croyez que votre jolie blouse fleurie fait son effet par elle-même, eh bien c’est plus compliqué que cela. Disons que c’est plutôt en l’associant avec cette jupe basique et unie qu’elle prend son relief, que ses couleurs ressortent.

Je sais que dans l’univers des « fashionistas », j’évoque là sans jugement les passionnées de mode, le basique provoque un désarroi.  Mais avec tous les tutoriels et « Do It Yourself » qui existent, vous pouvez personnaliser nos pièces pour les rendre tendance. Il existe des astuces de customisation très simples et pour les modifications plus importantes, il est toujours possible de faire appel aux services d’un couturier ou d’une couturière.

En tant que couturière, je vous partage mon relationnel au textile : certains de vos habits même abîmés sont comme des toiles vierges où les possibilités de customisation sont infinis.

Si vous êtes un peu « couture dans l’âme », vous pouvez le faire vous-même. Mais il est parfois difficile de se lancer dans un domaine qui paraît très technique et minutieux. Alors, renseignez-vous, car il existe forcément à côté de chez vous, des ateliers « couture » qui organisent des séances d’apprentissage individuelles ou entre amis.

Et, si la couture vous rebute ou ne vous permet pas cette « euphorie » d’avoir un nouveau vêtement en quelque sorte, vous avez aussi la possibilité de donner vos habits à des professionnels. Ils sauront lui offrir une seconde chance, une seconde vie et vous ferez, sans le savoir, le bonheur d’une autre personne.

Les impacts : 

Qu’importe l’option que vous choisirez, coudre ou ne pas coudre… Elle vous permettra, sans acheter, de renouveler votre garde-robe en pièces uniques et personnalisées et de faire un geste pour notre planète.

Etre éco-responsable ne signifie pas arrêter d’acheter des vêtements. Priorisez en mettant en valeur vos vêtements basiques,  faites votre shopping dans les magasins de seconde main ou optez pour des marques éco-responsable où la traçabilité est plus transparente.

Attention quand-même aux labels « leurre » qui nous donnent bonne conscience mais dont la charte est peu respectée ou trop ambiguë.

Vous voilà prêts à vous faire plaisir autrement !

 

Lara Wader

Cheffe de la rubrique « nos artisans ont du talent »

Couturière éco-responsable

A propos de Lara Walder 4 Articles
Lara Walder exerce le métier de couturière/styliste "seconde chance" & eco-responsable. Sa philosophie? "N’oubliez pas de vous faire plaisir, que la mode est votre mode et que la tendance est cyclique". Son credo : pas besoin d'acheter en neuf pour se renouveler, mais pas besoin de renoncer au style pour respecter l'environnement. Sa passion : customiser et aider ses clients à réinventer leur garde-robe dans un rapport qualité/coût/respect de l'environnement optimal.

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