Le destin d’une reine

Voudriez-vous vraiment vivre comme une reine ?

Nous connaissons tous le Moyen Âge. Tout du moins, nous en avons une image, celle d’une période où le rustre l’emporte sur le panache. Nous en avons tous l’image du règne de la loi du plus fort. Mais cette période est sans doute l’une des plus mal jugées, l’une des plus méconnues.

Je vous propose aujourd’hui de faire un voyage de près de mille ans dans le temps.  Et sur le modèle d’un récent mariage royal, il m’était difficile d’éviter le thème. Mais avant de débuter le récit du destin royale d’une grande, j’ai une question. Sauriez vous me dire qui est la Reine représenté sur cette photographie ?

Un petit indice, nous sommes dans une ville de l’Oise, qui à beaucoup compter pour les Rois Capétiens.

Nous partons ensuite à la découverte de la première partie de la vie de la Reine Anne de Kiev. La photographie ci-dessus à été prise lors de mon avant dernier séjour dans ma très chère Picardie pendant un après midi découverte de la belle ville de Senlis dans l’Oise.

Principauté de Kiev

Nous sommes au environ de 1024 en terres Slave, la principauté de Kiev, vient de voir naître la princesse Anna Iaroslavna.
Elle est le cinquième enfant de Iaroslav le sage, grand prince de Rus’de Kiev et de la grande princesse Ingegerd de Suède.
Pourquoi Anna Iaroslovna ?
Henri I est veuf depuis l’an 1044 et il n’a pas d’héritier légitime. Le Roy doit pourtant consolider la jeune dynastie Capétienne, il lui est donc indispensable de trouver une nouvelle Reine. Pour cela il envoi des émissaire dans tous les royaumes y compris dans l’Est de l’Europe. Afin de voir son nouveau mariage validé par le Pape, l’Europe de l’Est représente sa meilleur chance de trouver une princesse qui n’ait pas de lien de parenté avec lui.
Lorsqu’il entend parlé de la beauté de la princesse Anna, dont le père règne à Kiev, la ville aux coupole dorées et aux 400 églises, il décide d’envoyer une ambassade composer de plusieurs Grands du royaume pour demander la main de sa fille au Roy des Ruthènes.

Un long voyage

Nous sommes aux environs de l’an 1049/50, la princesse Anna abandonne sa famille, sa ville, son pays pour devenir la Reine des Francs. Anna doit parcourir avec son escorte et les chariots transportant sa dot composée de pièces d’or, de bijoux, d’une hyacinthe(pierre précieuse) qui deviendra par la suite une relique de Saint Denis,… environ 2260 km à travers l’Europe et éviter tous les pièges qui l’attendes à cette époque pour rejoindre la ville de Reims et son futur époux le Roy Henri I dans un pays dont elle ne connaît pas grand-chose et surtout personne.
Lors de son arrivée en France au cour de l’an 1050, la légende raconte que celle qui allait devenir Anne de Kiev Reine des Francs a  à peine le temps de descendre de son chariot que le Roy Henri, ne tenant plus en place , court pour la prendre dans ces bras et l’embrasser avec ferveur. Une réaction rarissime à l’époque. Cette femme par sa simple présence efface la violence qu’il a montrée envers ses concubines, dans l’attente de cette seconde noce.

Un mariage royal 

Le 19 mai 1051, jour de pentecôte, le mariage d’Henri I Roy des Francs, âgé alors de 39 ans, et d’Anne de Kiev, âgée de 27 ans, est célébré à Reims. Anne est sacrée Reine des Francs le même jour. Le mariage, à l’image du comportement inhabituellement démonstratif du roi, est marqué par l’expression d’un amour intense. Anne de Kiev se caractérise par sa volonté de se « limiter » au rôle d’épouse du roi et sa bonté lorsque lui revient la charge d’accorder des grâces.
©Stéphane Sellier, historien-rédacteur de la rubrique « d’hier et d’actus ».
A propos de Stéphane Sellier 4 Articles
Stéphane Sellier dispose de plusieurs cordes à son arc. Artiste spécialisé dans le dessin, il est également passionné d’Histoire et apprécie notamment d’écrire sur les destinées «à part» des hommes et femmes moins connus qui ont pourtant fait notre Histoire eux aussi. Sa rubrique historique, un contenu original sur nos réseaux sociaux, est unanimement saluée par nos lecteurs, sans doute, parce qu’à travers son écriture, Stéphane communique sa curiosité. Il réveille aussi des leçons dont la société a besoin actuellement. Sa conviction ? Oui, une part de l’Histoire se répète à cause d’un paradoxe : l’être humain est constant dans son instabilité et ne retient toujours qu’une partie plus ou moins grande de la leçon. Ses écrits dépassent ainsi le cadre descriptif pour nous livrer de profonds enseignements.

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