La colère analysée par le sophrologue

La colère analysée par le sophrologue

     Quel sens donnez-vous à la colère ? Elle entre évidemment dans la catégorie des « émotions ». Une émotion, c’est-à-dire un bouleversement affectif soudain et intense qui génère une perte plus ou moins importante du contrôle de soi.

Le sujet est si anodin à vivre et pourtant si complexe à analyser qu’il existe plusieurs classements des émotions. Dans la plupart des cas, la colère, la mal-aimée des émotions, qu’il est si important de tempérer (notamment chez les enfants) figure dans la liste des émotions primaires.

On qualifie de « primaires » les émotions ressenties au moins une fois par tous les êtres humains. Aux côtés de la joie, la tristesse et la peur, la colère caractérise donc notre nature.

La sophrologie, contrairement aux idées reçues, ne se résume pas simplement à un panel d’exercices de respiration passe-partout. Le travail du sophrologue comprend un important volet d’études sur les émotions. Comment adoucir la colère si nous ne la comprenons pas ? Impossible.

Décryptons cette émotion généralement violente pour en avoir une vision apaisée.

Dissection de la colère : quelle solution pour quel problème ? 

     Les bienfaits de la respiration sont de notoriété publique. Si vous respirez calmement, profondément et régulièrement, vous ressentirez un apaisement immédiat. Mais le travail du sophrologue dépasse largement cette astuce «  »détente temporaire. Tout comme il ne se limite pas à de la respiration. La sophrologie consiste, par des exercices de respiration et de visualisation d’images, à transformer des phobies en émotions positives. Son utilité dans la gestion de la colère ne fait donc pas de doute.

Chaque sophrologue a sa propre approche du métier. Les recherches sur les émotions sont le fruit d’un travail personnel constant. En tout état de cause, la compréhension de la colère facilite le travail de relaxation dynamique, en se concentrant sur l’origine de l’émotion. Comprendre l’origine du mal en favorise la visualisation.

La colère : à qui la faute ? 

     A l’image des autres émotions, la colère n’est pas directement produite par un événement ou une personne extérieure à nous. La colère provient de notre réaction à cet événement. Elle naît en nous. Contrairement à de nombreuses informations qui circulent, ce mode de pensée ne signifie pas que nous sommes les seuls responsables de notre colère.

Cela ne signifie pas non plus que nous sommes faibles. Il est sain de réagir à un élément perturbateur. Le sophrologue travaille en fait sur les conséquences de la colère sur notre bien-être. Il est tout simplement nécessaire de réduire l’impact négatif qu’elle provoque en nous : en intensité et dans le temps.

Les mécanismes de la colère : 

     Une explosion ? Eh bien non chère Madame Barratin, la colère est un peu plus complexe. Cette émotion peut s’exprimer en bien des nuances : du mécontentement à la rage. La colère, dans la définition psychologique, correspond à une frustration. Nous la ressentons envers une situation que nous n’acceptons absolument pas. Elle traduit un sentiment de décalage entre un idéal et la situation réelle. Elle peut donc être provoquée par une déception ou un sentiment d’injustice par exemple.

Les psychologues l’affirment, le pouvoir de la colère est sous-estimé. Son utilité est indéniable ! Tout d’abord, elle pose une limite. Elle montre clairement à celui qui la provoque que nous n’acceptons pas son comportement. Mais elle nous pousse également à nous dépasser pour réparer l’injustice notamment. Peu élégante dans sa manifestation, la colère est particulièrement vertueuse si nous faisons d’elle un usage pertinent.

Nous avons ainsi naturellement le réflexe de nous servir de notre colère. C’est bien dans les effets négatifs envers nous-mêmes que réside une faille. Et c’est là que d’autres spécialistes peuvent intervenir.

Qu’en pense donc l’endocrinologue ? 

     Les endocrinologues étudient les sécrétions internes, c’est-à-dire les hormones. Leur discipline entre dans la catégorie des sciences de la médecine. S’intéresser à cette science compte parmi les recherches utiles et indiscutables (car scientifiques) pour enrichir le travail du sophrologue.

Un endocrinologue m’a livré une vision nouvelle et intéressante. Conscient du pouvoir de la colère, il la catégorise en fonction de sa manifestation, sa représentation dans notre corps.  Il existe en effet un lien entre le fonctionnement ou sous-fonctionnement des glandes endocrines et la colère.

Les quatre glandes principales sont les suivantes : la thyroïde, l’hypophyse, les glandes surrénales, les glandes génitales.

Nous serions tous plus ou moins influencés par l’une ou l’autre de ces glandes. L’endocrino-psychologie étudie ainsi les « types » et leurs comportements en fonction de cette influence. Ainsi, le type :

  • « thyroïdien » : exprimera plus facilement sa colère, vivement mais sans violence : le fameux »coup de gueule »! Mais elle aura tendance à retomber très vite;
  • « hypophysaire » : analysera son émotion, trouvera les mots justes. Son discours sera précis et intelligible : il contiendra sa colère,
  • « surrénales » : sera plus « bagarreur ». Il ne verbalisera pas sa colère. Plutôt froide, cette dernière pourra à l’extrême tendre vers la violence physique : faire le « coup de poing » ;
  • « génital » : exprimera sa colère dans une juste affirmation tout en tenant compte l’autre.

Bien sûr, l’expression de la colère n’est pas figée dans un moule que l’on soit d’ un type ou l’autre. Elle est la résultante de notre histoire, psychologie, de l’instant etc…

La colère traitée par le sophrologue : 

Lorsque je ressens la colère, quelle est ma réaction ? Mon métier m’est bien utile.Prenons un exemple concret.

Je me suis levée hier matin avec un sentiment de colère dont j’ignorais l’origine, une sorte d’insatisfaction chronique je dirais.

Eh bien, je l’ai d’abord écoutée pour identifier quelles attentes n’étaient pas satisfaites en moi. L’écouter, c’est-à-dire ? J’ai entrevu des images et ruminé des pensées. J’ai cherché à retrouver l’émission, la conversation, la chanson : un élément déclencheur en somme. Après cette étape rapide, je suis passée à l’action, en utilisant trois astuces :

1/ j’ai levé les yeux au ciel ! N’en déplaise à mon père qui me répétait de ne pas le faire quand j’étais fâchée après lui ou lorsque j’étais triste. Lever les yeux permet de prendre de la distance avec ses émotions (situées dans le cerveau limbique), en nous aidant à connecter notre cerveau cortical.

2/ je me suis demandée si j’y penserais encore à la fin de l’été. Non? Donc pas d’importance !

3/ cela m’a donc permis de changer le sujet sur lequel je me focalisais ! Et alors de retrouver mon sourire !

Cela n’est pas toujours si facile. Je vous propose donc d’utiliser un exercice très simple pour retrouver votre sérénité dans un épisode de colère.

La cible de ma colère : 

Vous pouvez réaliser très simplement cet exercice courant dans le domaine de la sophrologie. Il vous suffit dans un premier temps de lire les consignes ci-dessous et de les appliquer ensuite. Vous pouvez, pour plus d’efficacité, demander à un proche de les lire à voix haute. Une seule condition toutefois : sa voix doit être assez douce pour vous apaiser.

 » Visualisez une cible devant vous.

Une cible, ou un ballon, un sac dans lequel vous enfermez votre colère. N’y mettez jamais une personne ! Cela peut être le comportement de cette personne, mais il ne faut pas matérialiser LA personne dans ce sac ou sur cette cible.

Sur une inspiration profonde par le nez vous allez serrer votre poing et lever votre bras droit si vous être droitier / gauche si vous êtes gaucher. Bloquez votre respiration pendant quelques secondes et visualisez cette cible sur laquelle  votre colère se trouve ou le sac dans lequel elle est enfermée.

Faites des moulinets avec votre bras tendu, sans forcer, sans vous faire mal, pour ressentir votre force. Visualisez-vous en train de regrouper vos forces dans votre poing serré.

Tout en expirant, envoyez votre poing serré sur cette cible/ballon/sac et imaginez que vous la/le détruisez.

Laissez alors votre bras se repositionner le long du corps et accueillez les sensations qui vous viennent. »

Pour plus d’efficacité, n’hésitez pas à recommencez cet exercice deux fois.

Vous ressentirez alors les bienfaits de la colère et cesserez de rejeter cette émotion fondamentale.

Si votre sentiment de colère revient régulièrement, votre relation à cette émotion est sans doute plus complexe, plus chaotique. Cette réaction n’est pas un cas isolé. Notre environnement nous soumet à une forte pression. Nous devons obtenir des résultats dans tous les pans de notre vie. Nos choix, notre mode de vie même, subissent un jugement permanent et vif. Ce travers de notre société est propice aux décalages qui provoquent la colère. Un sophrologue peut alors vous accompagner sur la durée par des exercices plus poussées. C’est le moment de vérifier qu’il dispose de très nombreux outils !

 

©Valérie Pivetal-Silvy, sophrologue, rédactrice rubrique « coaching »

 

 

 

 

A propos de Valérie Pivetal-Silvy 2 Articles
Valérie Pivetal-Silvy est thérapeute psycho-corporel formée à la sophrologie, l'hypnose, la P.N.L ainsi que l'analyse transactionnelle. Bien qu'elle j'intervienne auprès de divers publics, en cabinet ou en structures, son cœur la porte plus à accompagner les enfants et les femmes. Elle anime également des ateliers dans le désert pour permettre aux femmes de se reconnecter à leurs féminité. Sa philosophie? Elle se voit en "passe-partout" (oui, oui, celui de fort-boyard !), gardienne des clés mais seul vous pouvez résoudre les énigmes qui vont vous permettre d'accéder au niveau supérieur de conscience. Comme le dit si bien Jacques Salomé :"la porte du changement ne peut s'ouvrir que de l'intérieur.

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