Education d’hier et d’aujourd’hui : était-ce vraiment mieux avant ?

éducation -mieux avant - vintage

Selon un sondage (Observatoire BVA Doméo presse régionale de la vie quotidienne des français) paru en 2015 : « Les ¾ des français pensent que les enfants d’aujourd’hui sont moins bien éduqués que de leur temps ».

éducation - jeunes filles d'antan

Un petit retour historique nous permet de réaliser que cette croyance a visiblement toujours existé chez l’Homme. Une poterie d’argile, vieille de 300 ans, retrouvée dans les ruines de Babylone, portait déjà cette inscription : « cette jeunesse est pourrie depuis le fond du cœur, les jeunes gens sont malfaisants et paresseux. Ils ne seront jamais comme la jeunesse d’autrefois. Ceux d’aujourd’hui seront incapables de maintenir notre culture. »
Derrière ce sondage cependant, quelle est la part de vérité ? Est-ce que les jeunes d’aujourd’hui sont réellement moins bien éduqués qu’autrefois ? Et surtout, c’est quoi « être bien éduqué » ?
Toujours selon ce même sondage, « 85% des français pensent que les parents devraient être plus sévères ». C’est donc surtout la question de l’autorité, ou plutôt du manque d’autorité qui est ici en jeu.

Education du point de vue sociologique :

On constate des différences de comportements selon les générations. Les sociologues classent les générations de cette manière :

  • les « baby boomers » sont nés entre 1945 et 1965;
  • la génération « X » est née entre 1965 et 1980;
  • la génération « Y » est née entre 1980 et 1995;
  • la génération « Z » est née entre 1995 et 2010;
  • la génération actuelle, quant à elle, appartient à la génération « alpha ».

Chaque génération a des modes de fonctionnement propres, dépendant largement du contexte sociétal dans lequel elles arrivent. La génération X ,première génération à connaître le chômage et la crise, se montre plus sceptique et inquiète de l’avenir.

La génération Y, quant à elle, est souvent définie comme étant la génération du « pourquoi ». En effet, les personnes de cette génération se posent beaucoup de questions. Les enfants de cette génération ont également assister à l’émergence de l’ ère du numérique. Ce dernier a eu un effet indéniable sur l’éducation des enfants.

Pour les enfants de la génération Z, le numérique n’est même plus vu comme un outil. Il fait partie intégrante de leur vie.

éducation -ère du numérique

C’est à partir de la génération Y que l’autorité ne s’intègre plus tout à fait de la même façon qu’autrefois. L’obéissance n’est plus liée au seul statut de la personne. Et c’est encore plus vrai pour la génération Z ! Elle est en recherche de sens et rejette davantage ce qui est pyramidal.

Et la famille, comment a-t-elle évolué ?

Auparavant, c’était la famille élargie qui élevait les enfants. Les parents, grands-parents, oncles, tantes, tout le monde avait son mot à dire. Depuis, les parents ont gagné en liberté, mais ils sont aussi plus isolés. Beaucoup de familles sont monoparentales, et même quand les deux parents vivent ensemble, les grands parents ne sont pas toujours présents. La société est plus individualiste qu’elle ne l’a jamais été. Ainsi, un poids important pèse sur les épaules des parents.

Là où autrefois on éduquait son enfant en écoutant les conseils de ses parents, et grands-parents, désormais l’expérience des anciens a perdu du poids au profits des progrès de la Science. Etre parent aujourd’hui c’est se tenir informé de ce qu’est l’équilibre alimentaire, quelles activités éveillent plus les enfants par exemple. Même pour des expériences assez intimes, comme l’est l’allaitement, les parents peuvent solliciter des experts en la matière. Il y a des points positifs à cela. On sait aujourd’hui par exemple que de laisser pleurer un nouveau-né est néfaste pour son cerveau là où nos mères entendaient de la part des anciens « laisse-le pleurer, ça lui fera ses poumons ».

Les idées de Françoise Dolto n’ont pas joué un rôle mineur dans l’évolution de l’éducation. Elle a été une des premières à l’affirmer, à l’écrire et à le défendre avec ardeur: « le bébé, l’enfant  sont des personnes! » Cela semble être une évidence aujourd’hui, ça ne l’était pas pour les générations des « baby boomers » par exemple. Tout ce que Dolto avait pressenti s’est vérifié par les neurosciences affectives ! Il y a cependant un malentendu encore véhiculé aujourd’hui qui est de dire que Dolto aurait engendré dans l’éducation du laxisme. Or, Françoise Dolto n’a jamais dit qu’il ne fallait pas poser de règles aux enfants !
Ecouter les enfants, avoir de la considération pour eux, chercher à comprendre leurs besoins, n’est pas contradictoire avec le fait de poser un cadre, et heureusement !

éducation - en chaque enfant -dolto

Quelle problématique d’éducation les parents actuels rencontrent-ils ? 

Ils n’ont tout d’abord pas forcément bénéficié d’une écoute bienveillante lorsqu’ils étaient enfants. Ils n’ont pas appris à être à l’écoute d’eux-mêmes, de leurs émotions, de leurs besoins. Ils ont souvent eu à nier une part de leurs ressentis pour s’adapter à ce que leur environnement attendait d’eux. Comment pourraient-ils naturellement, dans ces conditions, être en capacité aujourd’hui de s’écouter, tout en étant à l’écoute des émotions de leurs enfants ?

Je rencontre beaucoup de parents qui ont cette conscience qu’il est bon pour l’enfant d’être entendu, mais qui ont bien du mal à être dans cette posture à la fois de tenir un cadre, et à la fois d’être dans l’accueil. Le curseur entre l’autoritarisme (issu de l’éducation traditionnelle, des châtiments comme la fessée…) et le laxisme n’est pas facile à trouver. Les parents ont aussi à désapprendre une partie de ce qu’ils ont appris enfants, pour expérimenter un nouveau savoir-être, et cela ne se fait pas en un jour.

La génération « Z », selon les sociologues, bénéficie d’une deuxième appellation : la génération C, comme communication, coopération, connecté, créatif. Elle est naturellement plus ouverte sur le monde que ses prédécesseurs.Les individus sont davantage en recherche de sens. Partant de ces postulats, il est tout aussi inutile que néfaste pour la relation d’essayer de leur imposer une autorité unilatérale et pyramidale comme c’était le cas pour les générations antérieures. Cela ne fonctionnera pas, tant au niveau de la famille, que de l’école, que plus tard de l’entreprise. Pour autant, il est essentiel de co-construire avec eux un cadre clair, constant, et cohérent, avec des limites établies entre les règles négociables et celles qui ne le sont pas.

Et finalement, qu’en est-il de l’évolution de l’éducation ? 

Pour répondre à la question de départ, il ne me semble tout simplement pas possible de porter des jugements de valeurs comparatifs entre l’éducation d’hier et celle d’aujourd’hui. La société, les mentalités, le contexte économique, la culture, tout a changé et tout change constamment ! Ce qui marchait hier, ne fonctionne plus aujourd’hui et c’est normal. Un retour en arrière n’est pas possible.

La science nous a permis de mieux comprendre le fonctionnement de l’Homme, et de l’enfant, permettant de faire évoluer positivement les pratiques éducatives. Mais dans le même temps, nos enfants sont aujourd’hui soumis à de multiples sollicitations (écrans, société de consommation entre autres) que nous n’avions pas autrefois. Et nous vivons dans une société plus individualiste qu’autrefois, et où tout doit aller vite.

Il ne serait pas juste d’en faire abstraction, et il est donc indispensable de co-construire un cadre qui intègre ce mode de vie pour nos enfants. Il y a à les aider à différencier ce dont ils ont besoin de ce qu’ils réclament. Les besoins participent à l’épanouissement de l’enfant : besoins physiologiques, de reconnaissance, de sécurité… Ils diffèrent de ce que les enfants peuvent réclamer, et qui découle des sollicitations extérieures de notre société. Ces demandes relèvent de la sphère occupationnelle, qui ne viendra en rien nourrir leurs besoins profonds.

©Cathy George, cheffe de rubrique « parentalité », coach en parentalité

A propos de Cathy George 2 Articles
Cathy George est passionnée par l’Humain depuis toujours, elle a travaillé dix ans en ressources humaines. Lorsqu'elle est devenue maman, sa carrière professionnelle a pris un autre chemin. L’arrivée d’un enfant, c’est un profond changement dans une vie, avec des moments intenses de bonheur, et autant de doutes que de questionnements. Ses deux fils l’ont amenée à grandir. Chaque personne est unique, avec son rythme, ses croyances, son histoire et surtout ses richesses, le plus souvent inconscientes. Son métier : Elle accompagne aujourd’hui les personnes à se réaliser et à s’épanouir dans leurs vies, à travers ses activités d’accompagnement à la parentalité, coaching scolaire et coaching de vie.

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