Ayurvéda : se redécouvrir ? Ecoutez plutôt…

Ayurvéda : se redécouvrir ? Ecoutez plutôt…

 

C’est quoi l’Ayurvéda ? Vous en avez forcément entendu parler ? Non ??? Mais si voyons : massage de bien-être, le summum de la Zénitude, je me laisse aller et je plane… Allons un peu de sérieux… Je vous emmène de l’autre côté des légendes urbaines et vendeurs de mythes. L’Ayurvéda est reconnue comme médecine dans sa noble définition !

Ce n’est pas une médecine parallèle avec toutes les croyances que cela implique. Elle tient ses lettres de noblesse de l’Organisation Mondiale pour la Santé.  Il me paraît important de le signaler pour les sceptiques qui trouveraient déjà matière à dénigrer.

Ayurvéda signifie « science de la vie » :  de āyus (vie) et veda (science, ou connaissance), cette médecine puise ses ses sources dans un ensemble de textes sacrés de l’Inde antique.

En l’occurrence, il s’agit d’une approche médicale holistique, donc « globale », qui est toujours en vigueur en Inde, un Ministère lui est consacré.

Lorsque l’on parle de « holistique » ou « globale », c’est parce que l’approche englobe l’ensemble du corps mais également l’esprit.
Principe fondamental du l’Ayurvéda: les maladies sont la résultante d’un dérèglement, du corps et de l’esprit. Ainsi, les maladies corporelles peuvent résulter d’un déséquilibre psychique, comme biologique, voire les deux.

L’objectif de l’Ayurvéda est de retrouver l’équilibre primaire de la naissance, pour en fait retrouver la santé et le bonheur.

Et cet objectif se décline en trois axes:
– maintien de la santé,
– guérison des maladies,
– et réalisation de soi
L’Ayurveda décrit l’être humain comme étant composé des cinq mahābhūta (les cinq éléments), des trois doshas (les énergies de base du vivant), des septs dhatus (les tissus) et des seize shrotas (les canaux qui véhiculent les doshas à travers tout l’organisme).
Considérations techniques n’est-ce-pas ? Médecine oblige : personne ne s’improvise du jour au lendemain une stature de  médecin ayurvédique.

Mais soyez assurés que votre curiosité vous guide quelque part.

La connaissance des fondamentaux ne nous permet pas de disserter sur le type de Cure Ayurvédique. Mais nous l’évoquerons plus tard. Revenons à nos moutons.
1/ les 5 éléments : 
Selon l’Ayurveda, nous faisons partie intégrante du cosmos. Et les éléments primordiaux qui constituent l’univers nous imprègnent également en tous points.
Ces éléments ne doivent pas être compris au sens littéral mais représentent les notions d’espace, de mouvement, de chaleur, de flux et de solidité. Jusque là, vous êtes a priori d’accord. Personne ne le niera, l’homme est un point dans un tout.
2/ trois doshas : 

L’équilibre de 3 énergies fondamentales assure la santé :

Vāta : l’énergie cinétique • Pitta : l’énergie de transformation
Kapha : l’énergie de cohésion.

Ces forces sont présentes à des degrés différents chez chaque individu. Cette doctrine des trois doshas — ou humeurs (cela vous parle peut-être, on utilisait le même terme au moyen-âge me semble-t-il) — est primordiale.

Le ou les dosha(s) dominant(s) d’un individu sont des marquants qui déterminent tendances tout comme forces et faiblesses de chaque individu.
Le médecin ayurvédique conseille au patient un style de vie en accord avec sa prakriti. Hein ?!?!

La prakriti consiste simplement en la définition du type ayurvédique, une catégorisation qui permet des « soins » adaptés. Le médecin préconisr notamment un régime bénéfique à l’intéressé en l’harmonisant avec l’univers.

Les trois doshas sont composés des cinq Mahabhuta, c’est-à-dire les éléments du Cosmos dont nous avons parlé tout à l’heure. C’est bon? Je ne vous ai pas perdus en route? Bonne nouvelle, concernant les fondamentaux, la boucle est bouclée.
Bien évidemment, si c’était aussi simple, ce ne serait pas une médecine. S’ajoute à cela :
3/ Les Dhatus : 
Ces sept tissus principaux forment la trame du corps humain.
Petit rappel de vos cours de biologie :
> le plasma, le tissu sanguin, les muscles, les tissus adipeux, les tissus osseux, le cartilage, les ongles, les poils et les cheveux, la moelle osseuse et les tissus nerveux, les tissus reproducteurs.
Ils sont la masse du corps humain. Bien qu’importants au niveau de la structure, ils ne sont pas directement impliqués dans la cause des maladies.

Oui, vous avez bien lu, tous ces éléments vivants de votre corps, ne sont pas impliqués dans la cause des maladies, nous n’avons pas dit que ces derniers ne pouvaient pas être atteints de maladies, mais en l’occurrence, ils ne sont pas à l’origine de ces dernières.

4/ Et les Shrotas:
Ce sont les seize canaux internes, grossiers et subtils, qui participent aux processus généraux d’assimilation et d’élimination en véhiculant les trois doshas, à savoir les énergies.
Le plus grand shrota est le système digestif (estomac / gros intestin / intestin grêle), tandis que d’autres ne se voient qu’au microscope, dans les cellules individuelles, où ils se révèlent poreux. D’autres encore n’agissent qu’aux niveaux moléculaires, atomiques et sub-atomiques :  les ribosomes, ADN, ca vous dit quelque chose ?
A titre de comparaison, notre médecine ne connaît que trois de ces shrotas : l’anna vaha shrota (le système digestif), le rakta vaha shrota (le système circulatoire) et le prana vaha srota (le système respiratoire).
Vous entrevoyez la complexité de l’art ?

Leur bon fonctionnement est considéré comme vital et à l’inverse,  leur dysfonctionnement, le truc des 7 et des 16 , en raison de déséquilibre des 3 Energies : doshas, conduit à la maladie. Simple non ?

Je l’avoue, ce n’est pas simple. Alors, si vous devez retenir une information,  il faut 7 années d’Etudes de médecine en France , alors que l’on reconnait que 3 de ses shrotas, donc comme en Inde, il y en a 16 à étudier, vous comprenez qu’on ne s’improvise pas Médecin Ayurvédique.
 
5/ un traitement concentré sur le patient : 

Un des principaux fondateurs de l’Ayurveda, précise que « c’est le patient et non la maladie qui est l’objet du traitement ». En effet, que faisons-nous, dans notre médecine?

Nous déterminons le mal, et nous nous concentrons sur le mal. Pour le médecin ayurvédique, la maladie « n’existe pas » en tant que telle. Elle ne serait que l’expression d’un déséquilibre des trois énergies qu’il faudrait harmoniser.

Il s’agit donc d’établir tout d’abord la nature de ce déséquilibre (quels sont les doshas viciés), d’en rechercher ensuite les causes et d’y trouver finalement un remède.
 
6/ et concrètement : 
Le praticien commence par le « Darshana« , l’observation visuelle du du corps concentré sur les caractéristiques physiques.

Il poursuit par le « Sparshana« , l’examen tactile par la palpation, la percussion et l’auscultation de ses diverses parties ainsi que de certains organes internes.

Afin d’établir la nature du déséquilibre, le médecin pratique ensuite une méthode de diagnostic par le pouls, différente de celle utilisée par la médecine moderne. C’est comme une « lecture » de votre intérieur, de votre moi….
Il n’a pas besoin de matériel. Ici, on pose trois doigts (l’index, le majeur et l’annulaire) sur l’artère radiale du patient au niveau du poignet.
En exerçant différents modes de pression, il recueille l’information concernant les doshas de la personne et de cette manière, détermine l’état de déséquilibre de ses doshas.
Vous l’aurez compris, c’est ce point précis qui interpelle les détracteurs.

Le déséquilibre étant désigné, il en détermine la cause. Selon cette méthode, l’origine de l’affection est à la fois interne et externe : le dysfonctionnement est dû à un blocage des shrotas – la première manifestation matérielle des énergies dans le corps — mais également aux habitudes de vie de la personne.

Vient alors l’interrogatoire du patient qui permet de définir les erreurs diététiques et comportementales éventuelles qui pourraient être la cause du déséquilibre. L’Ayurveda accorde une grande importance à l’histoire personnelle du patient, à ses antécédents familiaux, médicaux et professionnels ainsi qu’à son vécu psychologique jugés déterminants pour son état de santé.
Quelle que soit l’affection dont souffre le patient, le médecin conseillera souvent en premier lieu une détoxification générale plus ou moins longue, qui se déroulera généralement dans un centre de soins ayurvédiques dédié à cet usage.
De retour chez elle, ses toxines éliminées, la personne suivra un traitement destiné à régénérer son organisme et à renforcer son système immunitaire.

Outre un régime alimentaire adapté, ce traitement inclura également l’ingestion de préparations à base de plantes ainsi que des minéraux. Le médecinconseillera parfois des changements concernant le mode de vie et l’alimentation : attention l’Ayurvéda n’a jamais interdit de manger de la viande, ou du poisson, ou des œufs. Dans certaines traditions, le médecin préconise des pratiques physiques telles que le yoga et la méditation, mais rien de bien obligatoire, cela peut-être une option parmi d’autres.

Donc, vu, sous cet angle… difficile de comprendre pourquoi les occidentaux se ruent en masse sur l’Ayurvéda, comme s’ils trouvaient la panacée à leur mal, à leur mal-être, à leur maladie, ou leurs maladies.

Car vous l’aurez compris à la lecture de ce résumé, que seul un médecin Ayurvédique peut décider de faire une cure ou pas…cela tombe sous le sens, il convient de déterminer un déséquilibre.

Mais parce que nous avons tout compris de travers, nombreux sont nos concitoyens, qui se décident un beau jour, d’aller faire une cure Ayurvédique en Inde, dans l’espoir de régler leurs problèmes, pour trouver la zénitude, vivre un pur moment de détente et de retrouver le bonheur….

… Etre à la place de ce jeune homme … oui, celui qui savoure l’instant, vous le voyez sur la photo?
Euh, je vous le redis, si c’est ce que vous croyez vivre, vous allez vite déchanter, parce qu’ici, ça fonctionne pas comme cela.
7/ on vous dit tout : 
Tout d’abord, nous tenons à vous dire qu’il existe 2 types de cures :

7.1/cures touristiques: préférentiellement en bord de mer, vous les trouverez sous les termes « Rejuvenation », « Remise en forme », « Destress » ou autre, soyons clairs, ceci n’est pas de l’Ayurvéda, pour la bonne raison que l’Ayurvéda ne peut se pratiquer en bord de mer, un des principes de bases est l’élimination naturelle, et notamment par la transpiration, les embruns par le sel qu’ils déposent sur la peau interfèrent grandement le processus. Il s’agit là d’un « Ayurvéda de complaisance », cela plait aux Touristes…..why not !!!

Loin de nous l’idée de dénigrer cette activité, si elle permet de se sentir mieux, « se retrouver », se « ressourcer », alors tant mieux mais ce n’est pas de l’Ayurvéda. De même qu’en France, on ne confond pas des curistes de fond dans les centres de Thalasso, et les soins Thalasso « Beauté », ne faisons pas de même ici!!!

Aussi, dans cet esprit de « repos », vous trouverez pléthore de Centres, à celui qui sera le plus efficace en termes de communication pour faire venir le pigeon voyageur, c’est le cas de le dire. Ils sont nombreux , défendant chacun une approche différente pour faire la différence…Plus que la qualité des soins, c’est l’environnement, le confort, l’accès plage qui seront primordiaux pour le client, soyons honnête, nous ne parlons plus de patient, ici.

7.2/cures médicales: 
l’authenticité prime sur l’attractivité touristique. Nous ne sommes pas Médecins, et surtout pas Médecin Ayurvédique, mais pour avoir recours à leur service depuis de nombreuses années, nous serons très clairs, le lieu, l’endroit, le type de cure, le type de soins, la durée ne sont pas de notre ressort. Ce que par contre nous pouvons vous conseiller, c’est de ne pas hésiter à nous faire part de votre cas médical, nous le transmettrons à notre conseil référent en la matière – une adresse fiable, qui seuls auront la décision finale ou conseillerons, nous interviendrons au besoin pour des  des problèmes linguistiques mais tout conseil et décision finale leur appartient. Et seule une consultation dans l’un de leur centre pourra déterminer la longévité de la cure, son contenu, les soins, bref tout ce que nous avons évoqué ci-dessus. Ce que nous pouvons vous dire, par expérience, une cure Ayurvédique, une vraie, authentique, c’est comme passer sous un rouleau compresseur, on est lessivé, on a mal, les massages se veulent toniques, on peut se retrouver avec des « bleus », les lavements n’ont rien de très agréables, on se sent poisseux en permanence, on subit l’obligation de s’astreindre à éviter tous les moyens de communications modernes….
ET DONC EXIT, FB, Insta, e-mail… une torture….
Bref, il faut savoir ce que l’on souhaite, en tout cas, si vous avez envie d’une cure de Detox Digitale, vous savez celle que vous devez privilégier, et là, pour le coup, pas besoin d’être médecin ayurvédique !
Vous avez désormais toutes les clefs pour choisir.
©Véronique Narayana-Swamy
Cheffe de rubrique « voyages voyages »
Dénicheuse d’expériences en Inde
A propos de Véronique Narayana Swamy 4 Articles
Véronique Narayana Swamy est experte en organisation de séjours personnalisés en Inde. Authentique, instinctive dans son style d'écriture, passionnée et à l'écoute des envies, Véronique s'attache avant tout à l'expérience que les voyageurs souhaitent vivre, aux souvenirs qu'ils souhaitent garder, sans pour autant négliger le cadre administratif et logistique du séjour. Réduire Véronique à la définition classique de l'expert en tourisme est impossible. Car, comme elle le dit elle-même, plus que d'organiser des voyages, elle vous déniche des expériences. Un réel interlocuteur : Nous imaginons souvent notre interlocuteur en voyage comme le standardiste à l'accueil de l’hôtel, le guide touristique, mais Véronique est interlocuteur de nous souhaits profonds.

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