Astuces de maman pour gérer les écrans sans culpabiliser

écran culpabilisation des parents

Avant toute chose, cet article est un témoignage personnel issu de mon expérience. Il n’engage que mon positionnement de maman et ne vise nullement à remettre en cause les préconisations émises par les experts. Il n’engage pas non plus l’avis de Cathy George, coach en parentalité du comité rédactionnel. Il n’est pas non plus un moyen de juger d’autres choix d’éducation. Vive la liberté !

Voilà , c’est fait. j’ai pris toutes les précautions nécessaires, usé des éléments de langage et je n’ai critiqué personne. Je vais pouvoir enfin le faire : témoigner sur « l’exposition des tout-petits aux écrans ».

Pourquoi ce témoignage ? Pour faire passer ce message désabusé : nous parents, subissons une pression très vive sur le comportement que nous devons adopter envers nos enfants. Cette pression nous conduit à nous juger les uns les autres. Et elle nous prive du droit de juger de la pertinence des outils à notre disposition.

Comment tout a commencé : 

Je dirais tout simplement que tout a commencé par nous, parents.

Et pour deux raisons :

  • par notre mode de vie : la place des écrans dans notre vie n’est pas centrale. L’ordinateur est mon outil de travail exclusivement. Nous utilisons nos téléphones portables surtout pour leur usage premier : communiquer avec nos proches. Nous apprécions de regarder des séries ou émissions fétiches de temps à autres. La télévision n’est jamais un membre supplémentaire de la famille. Et nous avons toutes sortes de loisirs;
  • par notre idée de l’éducation : nous avions la chance de partager la même vision. Nous ne voulions pas instaurer un schéma d’autorité pure mais étions tous les deux persuadés de l’efficacité de l’exemplarité. Notre enfant serait donc un « être » à part égale avec nous. Il était hors de question de le considérer comme une personne inférieure. Pour nous, la cohérence dans le temps primerait sur l’obéissance pure. Et l’écoute serait le pilier de notre éducation.

A son arrivée…

Ainsi, lorsque notre fils est né en mars 2016, nous étions heureux de lui faire découvrir le monde qui l’entourait. Nous avions bien sûr lu tous ces conseils nous disant d’attendre pour les balades en forêt, en ville. Mais en prenant assez de précautions, nous ne les avons pas vraiment appliqués.

Nous avons découvert le jeu, les horaires variables de siestes et autres découvertes de la vie parentale. Alors, les écrans ont tout simplement disparu de notre quotidien. Nous avons savouré la joie d’être une famille. Et c’est un point clef pour la suite : nous avons concentré tous les premiers échanges avec notre enfant en fondant un socle basé sur les sentiments, la confiance, l’enthousiasme. Nous étions dans un engagement profond mais naturel. Evidemment, comme nous avons choisi le « camp » des parents adeptes de maternage, nos choix n’ont pas toujours fait l’unanimité. Mais qu’importe !

les écrans - amour maternel

Alors, comment tout a commencé avec les écrans ?

Dans la salle d’attente de la pédiatre, un détail qui a son importance. Les parents le savent bien : tout ce qui est lié de près ou de loin au/à la pédiatre vaut parole d’évangile.

Notre fils venait d’avoir un an. Et ce jour-là, nous sommes entrés dans cette pièce dans laquelle les enfants étaient captivés par un dessin animé.

Comment réagir ? 

Sur le moment :

les écrans - pas de panique

Face à l’intrusion de ce nouvel élément imprévu dans notre existence, j’ai décidé de rester neutre. Pas de scandale pour exiger la fin du dessin animé et pas d’enthousiasme non plus : le summum du non-événement.

Bien évidemment, j’ai senti les regards. A droite du ring, les mamans des plus grands qui espéraient mon silence. A gauche, les mamans des plus petits qui comptaient sur moi pour râler et endosser le rôle de la méchante. Bref, je suppose que mon silence m’aura cataloguée de la sorte : « ouf, mais ce qu’elle est laxiste ! ».

Je souriais intérieurement de garder en fait le contrôle de la situation, ce qui me servirait par la suite. Ni scandale, ni enthousiasme ou comment éviter de créer une curiosité trop grande, inutile voire dangereuse. Mon fils a regardé le dessin animé peu surpris de voir un âne parler. Il a plus ou moins suivi l’histoire avant d’apercevoir dans un recoin de la salle de jeux, une voiture. Ses roues semblaient fort comestibles et donc très intéressantes.

Par la suite : 

Je n’ai pas fui la situation, je l’ai utilisée comme une expérience. Elle se reproduirait bien évidemment. Les écrans sont présents partout. Nous passons plusieurs heures par jour dans un cadre extérieur et chaque jour, mon petit garçon voit tous ces adultes, adolescents et plus jeunes parfois, concentrés sur leur téléphone portable ou leur tablette. Fermer la porte totalement aux écrans m’a semblé alors utopique et contre-productif. Il y viendrait de lui-même dans un cadre sans que j’aie pu en tirer d’abord le meilleur parti. Pour contrôler et canaliser, la meilleure alternative serait de découvrir ensemble. Evidemment, ça allait à l’encontre du dossier du moment sur « l’autisme virtuel ». Mais en ce qui me concerne, la théorie manque cruellement de subtilité. Je trouve qu’elle décrit un engrenage précipité que je ne crois pas universel. Elle fait de quelques cas une généralité oppressante pour les parents. Elle impose un idéal qu’il n’est pas si facile d’instaurer et qui, j’en suis persuadée, génère des conflits évitables au sein des familles.

J’ai songé à ces copains que notre enfant aurait bientôt. Je me suis imaginée leurs conversations qui en viendraient inéluctablement aux héros de dessins-animés. Mon fils ne serait-il pas mis à l’écart de ne pas même savoir ce dont il s’agissait ?

C’est ainsi que j’ai décidé de mener mon enquête sur les programmes disponibles en DVD ou en ligne.

Choisir le bon programme : 

écrans - le pouvoir de décider

Vous êtes futurs parents ou êtes tentés de faire visionner un programme à votre enfant : 

Astuce : choisir le programme en pensant à vous.

Avis personnel : je ne voulais pas que mon petit garçon soit en décalage avec les autres enfants mais les écrans ne joueraient jamais une assistante maternelle de substitution. Ils ne seraient jamais un moyen pour moi de faire autre chose tandis que je laissais mon fils comme une plante devant une fenêtre. Les écrans, nous allions les aborder comme toutes les autres activités de notre quotidien, dans un esprit de partage. C’est ce qui les rendrait anodins.

Il me fallait donc un programme qui me plaise et me corresponde, dans le sens où je pourrais me l’approprier. Et c’est le plus important : appropriez-vous l’outil pour être réellement acteurs de l’instant.

J’adore raconter des histoires. Lorsque nous regardons des livres ensemble, j’adore détourner les images, y mettre de l’humour, changer les voix. J’adore que les personnages ne soient pas des héros, mais plutôt des gaffeurs, des faux méchants au cœur tendre. Vous me direz, ça ne passionne pas tout le monde. Le dessin animé lui-même ne plaît pas forcément certes mais le regard émerveillé ou moqueur de votre enfant si. La preuve, vous passez tellement de temps à montrer les photos des exploits de vos enfants.

Nous sommes un élan pour nos enfants :

Les enfants réagissent positivement à ce qui nous touche ou nous amuse. Choisir d’abord pour votre enfant n’est pas de l’égoïsme mais plus un bon exemple. C’est aussi un moyen d’éviter que l’enfant se déconnecte et s’isole : principal risque de « l’exposition » aux écrans.

Je dois dire que j’ai été fortement déçue par les programmes français, dessin animé comme comptine, ça manquait de magie. J’ai personnellement un problème avec le scénario du petit enfant super héros. Comment dire à nos enfants qu’ils ne peuvent pas accomplir des actes du quotidien. alors qu’ils regardent des modèles de leur âge éteindre un incendie, piloter un hélicoptère ou piloter des engins de chantier ? Concernant les comptines, je m’interroge encore sur le casting des petits chanteurs français. La mélodie et les voix ne faisaient pas rêver, logique donc que les enfants ne se concentrent que sur les images.

J’ai donc poussé la curiosité des cotés britannique et américain. Non pas que ces modèles soient meilleurs que les nôtres. Ces sociétés sont simplement beaucoup plus ouvertes sur le sujet de l’éducation. Elles offrent donc un plus grand panel pour que les parents puissent faire leur choix. Tout l’inverse de notre philosophie. Et j’ai trouvé mon bonheur. Voici quelques suggestions que je livre à votre curiosité :

  • écrans - little baby bum la série Little Baby Bum : les chansons sont douces tout comme les images, il existe souvent une version karaoké qui vous permet de vous exprimer sans parler au-delà de la voix anglaise. Je partage avec vous ce titre en particulier sur lequel je raconte l’histoire avec humour et démesure : « Hey diddle diddle »;
  • écrans - dave and ava la série Dave and Ava : bonne humeur garantie. Les chansons, pour la plupart, contiennent une dose d’humour. Nous aimons par exemple la chanson « The farmer in the dell« ;
  • écrans - super simple songs la série Super Simple Songs : éducative et drôle à souhait, nous l’utilisons par exemple pour apprendre les couleurs avec le titre « I see something pink« . L’exercice, l’enfant ne pourrait pas le faire seul sauf à un âge auquel le graphisme ne serait plus intéressant pour lui. Ces programmes ont bien été bâtis pour les tout-petits.

Et je vous livre aussi LA chanson sur laquelle vous pouvez faire parler votre créativité et raconter l’histoire qui vous chante : The goodnight song.

écrans - the goodnight song

Point-clef EN CE QUI NOUS CONCERNE : mon petit garçon n’est jamais seul devant l’écran. Mais c’est notre vision.

Il est trop tard et vos enfants ont déjà choisi un programme ! 

écrans - pas de parents indignes

Ce n’est pas la fin du monde, promis ! Souvent, nos enfants ont des programmes fétiches. Il est donc difficile d’en introduire d’autres. A mon avis, il est d’ailleurs inutile de le faire.

Vous pouvez toujours vous approprier le dessin animé choisi a posteriori en créant des activités autour de lui. Faites du dessin animé une base de départ. Vous avez besoin de quelques idées ? 

  • imprimez sur une feuille A4 les personnages préférés de votre enfant, et découpez en le contour. En fonction de son aisance, l’enfant peut aussi le faire lui-même. Collez les personnages sur du carton. Découpez le carton en respectant la forme des personnages. Gardez une bande aux pieds des personnages pour les faire tenir. Utilisez les décors (jouets) existants de vos enfants ou allez dans un cadre extérieur faire une histoire;
  • utilisez un grand carton de déménagement pour fabriquer la base/la maison des héros de vos enfants : découpage, collage, peinture, autocollants, tout est permis ! Vous pouvez aussi utiliser d’autres matériaux : des bâtons à attacher les uns contre les autres et peindre ensuite ou pourquoi pas de la pâte à modeler ? Puis, utilisez les figurines de vos enfants pour y raconter une histoire;
  • demandez à vos enfants comment leur héros agirait pour aller chercher un chat dans un arbre, remettre un poisson géant à l’eau, reconstruire une maison. A eux de raconter une histoire;
  • fabriquez un masque de leur héros et prenez pour vous le masque d’un personnage secondaire, voire du méchant si vous êtes audacieux;
  • allez en forêt, faites franchir troncs, trous, souches à votre enfant en lui proposant de chanter la chanson du programme;
  • dans ces moments qui accompagnent le dessin animé, insistez sur le bonheur de jouer, construire ensemble. Vous pouvez aussi les stimuler en leur expliquant que vous vous entraînez pour les futures activités à la maison avec les copains.

Quoi qu’il en soit, vous constaterez que le regard d’autrui est plus doux lorsque le dessin animé devient une activité constructive. Et vous même, dans votre peau de parents, vous serez rassurés. Vous ne priverez pas votre enfant d’une activité qu’il aime, vous en ferez un emploi pertinent. Dédramatisons !

écrans - soulagement

Choisir le bon moment : 

Lors de mes recherches, j’ai constaté que les questions tournaient principalement autour de la fréquence et de la durée.

écrans - pas de stress autour du temps

Vous êtes futurs parents ou êtes tentés de faire visionner un programme à votre enfant : 

Conseil : relativisez ce que vous lirez et entendrez. Aucun auteur pédopsychiatre ni aucune personne ne va gérer AU QUOTIDIEN votre enfant à votre place. Et chaque enfant réagit de manière unique.

Avis personnel : ce sont des questions que je ne me pose pas. Nos principes, à titre d’exemple, sont les suivants :

  • je n’attribue pas de créneau pour les écrans : je trouve personnellement que poser un repère, c’est accorder une trop grande importance, générer une attente/impatience. Il s’agit là de mon avis évidemment mais l’impatience chez mon enfant engendre une frustration qu’il a des difficultés à canaliser. Donc en matière d’écrans, je préfère aborder le sujet sous un autre angle qui me donne le contrôle ;
  • en effet, c’est moi qui propose de regarder la « playlist ». Quand il saura la demander, évidemment nous serons dans le cadre du dialogue. Toujours est-il que tablettes, ordinateurs et téléphones ne sont pas apparents;
  • nous regardons par plaisir/divertissement ce que je verbalise « ça te ferait plaisir de regarder ta playlist? » et jamais pour « patienter », parce que « maman a quelque chose à faire », « en attendant quelque chose ». Pourquoi ? Parce que je refuse d’associer le fait d’attendre aux écrans, afin d’éviter l’automatisme;
  • jamais le matin car il est très important pour nous de donner le ton pour la journée : prendre le temps de papoter, de chahuter, de regarder quelques (beaucoup) de livres, regarder la météo par la fenêtre et de rapidement sortir (l’activité favorite de notre bambin). Je l’avoue, parfois, lorsque j’ai passé une bonne partie de la nuit devant mon écran, j’aurais presque une pensée envieuse envers ces parents qui ont le temps d’émerger. Il arrive, en effet et souvent, que mon fils sonne une alerte « promenade », « vélo », « flaques d’eau » très matinale. Mais une fois dans la nature, je me réjouis d’y profiter de l’instant;
  • je prévois systématiquement l’une de ses activités préférées après le visionnage. Donc, niveau fréquence, vous comprendrez que nous sommes dans le très raisonnable. Le matin, je lui parle déjà de cette activité ! Plutôt que de mettre une pression négative sur les écrans juste avant (« je te préviens c’est 5 minutes »), je joue la carte de l’enthousiasme sur l’activité préférée (une sorte de pression positive). Être devant les écrans devient alors un détail de l’histoire;
  • jamais le soir, parce que même les mélodies les plus douces n’apaisent pas l’enfant. Les écrans ne sont pas un rituel préparatoire à la nuit. Ils stimulent les enfants.

Quel est le bon moment pour moi ? Eh bien, j’exploite nos explorations matinales. Et les écrans viennent en complément par exemple des séquences où nous comptons les voitures qui quittent le parking et comparons leurs couleurs, où il regarde avec une grande attention les enseignes, affiches, étiquettes en ville ou en magasin etc.

 Il est trop tard et vos enfants regardent des dessins animés, le matin, à horaire fixe et c’est programmé ! 

écrans - dédramatisons !

Dédramatisons ! N’oublions pas que les grands-parents actuels sont les parents qui ont accompli les actes suivants :

  • nous mettre des casques sur les oreilles alors que les spécialistes disaient que nous serions tous sourds à l’âge adulte;
  • fumer dans les voitures dans lesquelles ils n’attachaient pas toujours nos ceintures de sécurité;
  • nous faire croire que nous allions regarder le film « au lit on dort » alors qu’il y avait école le lendemain;
  • nous faire courir dehors pour revenir quand nous serions calmés puis nous oublier;
  • et j’en passe.

La différence entre leurs exploits et les nôtres ? A leur époque, le sur-affichage de l’intimité n’existait pas. Ils étaient donc moins exposés au jugement et ainsi plus sûrs d’eux.

N’oubliez pas que le dessin animé ou la playlist doivent être d’abord à votre avantage sur le plan pratique sans être nocifs à l’enfant. Bref, c’est une question d’équilibre qui diffère d’un foyer à l’autre. Votre force réside dans votre cohérence, quelles que soient vos convictions.

L’arme contre l’addiction réside dans notre engagement : 

écrans - diversion

Il s’agit en fait de ne pas attaquer de front le problème sinon l’enfant va se braquer. C’est inutile et difficile à rattraper par la suite.Le concept ? Contourner l’obstacle.

Comment ? En s’engageant totalement dans toutes les activités partagées avec l’enfant.  Avant de le constater de mes propres yeux, je n’avais pas mesuré ni le pouvoir communicatif ni l’influence de mon amusement.

Souvent avant la naissance même de nos enfants, nous nous renseignons sur les activités propices à leur éveil. Mais à mon sens, il est tout aussi bénéfique d’aller sur des terrains qui nous plaisent. Tel jouet, tel équipement.. Finalement, j’ai compris grâce à mon enfant que c’est surtout leur usage qui compte. Et nos enfants sont tellement heureux de lire sur notre visage une joie de vivre sincère. C’est pour moi la manière la plus naturelle et tenable dans le temps de dire « j’aime vraiment passer tous ces bons moments avec toi ».

Je l’ai donc d’emblée amené explorer la forêt et la rivière, deux lieux dans lesquels je me sens particulièrement bien. Alors qu’il était encore petit, je l’ai gardé dans les bras pour franchir troncs et souches, toucher l’écorce rugueuse et la mousse tendre, écraser dans la paume les feuilles sèches, observer les animaux en liberté, marcher dans les flaques, filets d’eau, ruisseaux, y jeter des cailloux et des pommes de pin, y fabriquer des jets d’eau improvisés avec un bâton, se mettre à l’abri des arbres pour écouter la pluie tomber, faire semblant de communiquer avec les oiseaux par un sifflement approximatif, admirer le vent qui chahute les feuilles et cimes des arbres, sortir du sentier. Raconter, en rajouter, s’enthousiasmer, le plus naturellement du monde.

Mais aussi en ville : des promenades qui regorgent de surprises, de scénettes drôles, émouvantes, de mouvement perpétuel. S’installer à proximité d’une personne qui joue de la musique sur un trottoir et utiliser son art pour décrire en temps réel tout ce qui fourmille dans la ville. Y mettre le ton. Ce monsieur pas très à l’aise sur son vélo, cette dame en colère qui vient de se faire bousculer, ce petit garçon qui voudrait vraiment cette glace, ce papa qui fait la course avec ses enfants, la fontaine dont les jets apparaissent et disparaissent.

Vous l’aurez compris, mon truc c’est l’imagination ! Chacun a son petit truc. Mais aller dans un endroit et le faire vivre est une manière intense de partager un bon moment avec votre enfant. Par la suite, cela permet aussi de l’observer et d’identifier ses centres d’intérêts en dehors des jouets et livres. En tout état de cause, une fois le cap franchi, tout se fait naturellement. Et je n’ai pas peur de le clamer :

écrans - nous nous ennuyons au parc

Créez votre style ! 

Dans mon précédent métier, nous parlions de « style de commandement ». Pourquoi cela serait-il finalement différent avec la parentalité ?

Je me souviens de ce petit garçon à la boulangerie accompagnant son papa « pompier » en uniforme. La boulangère lui demande « tu veux faire comme ton papa plus tard? ». Et le petit de répondre « ah oui, moi aussi je veux être rigolo! ». Ne bondissez pas en lisant cette phrase. Elle cache un sens profond que les enfants comprennent mieux que nous.

Mais non, franchir le cap, ce n’est pas facile ! 

écrans - maman surmenée

Cette posture fait relever trois défis :

Passer du temps de qualité avec son enfant :

je dirais presque réapprendre à passer du temps de qualité « tout court ». Sur ce point, les parents sont souvent traités de manière culpabilisante je trouve. On attend d’eux d’être irréprochables dans tous les domaines, de laisser de côté leurs émotions, de ne pas communiquer le stress constant de tout ce qu’il reste à faire. Profiter de l’instant présent : voilà une mission dont on ne mesure pas la difficulté !

Lâcher prise sur le regard d’autrui !

Soyons clairs : quoi que vous fassiez, vous êtes jugés ! Pourquoi ? A cause de notre mode de vie actuel de parents.

Cathy George, coach en parentalité l’explique parfaitement dans son article : les enfants d’aujourd’hui sont-ils moins bien élevés ? 

Nous vivons souvent à distance des autres membres de la famille (grands-parents, oncles et tantes) et parfois en décalage avec leur vision de l’éducation. Ils nous ont éduqués dans un contexte et nous éduquons aujourd’hui nos enfants dans un autre contexte. Pourtant, nos choix d’éducation donnent une impression d’opposition. L’éducation que nous avons reçue participe aussi à celle que nous dispensons, même si nous ne mettons plus de fessées. Là aussi les débats sont réducteurs.

En tout état de cause, notre isolement de parents nous a conduits à chercher des références (à travers des ouvrages notamment). Qui dit « référence » dit « normes » + « écoles de pensées » + « repère ». Au premier coup d’œil, les autres parents, surtout les mamans beaucoup plus sensibles sur la question vous catégorisent « classique », « violent », « Montessori » etc.

Quoi que vous fassiez, vous êtes jugés. Faites donc ce que vous aimez, ce en quoi vous croyez.

Un exemple personnel : 

Alors, autant vous le dire, lorsque vous faites à votre manière, vous acceptez de fait d’être jugés ouvertement et régulièrement. Sur la tenue notamment. Puisque nous faisons principalement des activités en extérieur et dans le partage, j’ai dédié deux de mes tenues à ces sorties dans un esprit PRATIQUE et non esthétique. Oui, je vais avec mon fils dans les flaques d’eau, nous y apprenons beaucoup tout en nous amusant. En effet, il m’arrive donc d’avoir les chaussures et le pantalon mouillés. Je vais bien ne vous en faites pas. Lorsque la critique se limite au regard, je joue l’indifférence.

Parfois, elle est plus virulente ce qui m’autorise une riposte non graduée. Je me souviens par exemple de cette maman accompagnée de sa petite fille : « tu vois ma chérie : c’est pour ça que je ne veux pas que tu ailles dans les flaques. Regarde ce petit garçon, il n’est pas gentil, il a sali sa maman ! » . Cela a provoqué une réaction que beaucoup de mamans reconnaîtront : « je ne vous permets pas madame de juger la gentillesse de mon fils. Il ne me serait pas venu à l’idée de dire à votre fille : regarde ta maman comme elle est égoïste. Elle préfère que des centaines d’inconnus la trouvent belle et bien habillée plutôt que de jouer avec toi. Merci de ne pas m’utiliser comme un argument d’éducation. »

Oui, la colère me rend littéraire et c’est un avantage ! Vous aussi, vous avez une force lorsque vous vous mettez en colère pour défendre votre enfant.

S’organiser : 

Pour que le moment soit agréable pour vous comme pour votre enfant, il faut que la logistique soit efficace. Lorsque par exemple, vous partez en promenade, préparez des accessoires (par exemple : balle, voiture, bulles de savon, cerf-volant, craies pour le sol). Je prends toujours plusieurs balles et petites voitures pour jouer avec les enfants que nous croisons au hasard.

Prenez vous une soirée pour faire un agenda d’activités mensuel : regardez les événements de votre région, faites le point des étangs et lacs libres d’accès, des circuits de promenade qui ont un petit plus (château, cascade par exemple). Vous n’aurez plus à y penser dans l’action ce qui vous fera gagner en sérénité. Listez à part les lieux où vous pouvez aller en cas d’intempéries.

Les écrans finalement ? 

Toujours sans remettre en cause les préconisations, je résumerais simplement en quelques points-clefs. Les instants d’exposition aux écrans :

  • ne sont pas un outil qui vous remplace;
  • sont une activité admise et orientée donc facilement canalisée;
  • secondaires parmi les autres activités dans lesquelles vous vous impliquez particulièrement.

Pour un objectif : vivre dans la bonne humeur et la sérénité votre vie de parent.

Mais si vous devez retenir une phrase, les parents inconscients sont ceux qui lobotomisent souvent et longtemps des enfants dont ils ne s’occupent pas. Si vous vous posez simplement la question de votre gestion des écrans, alors cela signifie en soi que vos enfants ont de très bons parents.

©Stéphanie Roux, rédactrice en chef 

A propos de Isalys Roux 50 Articles
Après une première carrière consacrée au management au sein de l'armée de Terre, Isalys Roux s'oriente vers ses premières aspirations professionnelles : la rédaction et l'écriture. Ses thèmes de prédilection ? Société, management, parentalité, insolite, culture et littérature. Son credo ? Tout est digne d'intérêt dès lors qu'une question se pose.

1 Comment

  1. Article très intéressant. Je n’ai pas d’enfants mais deux neveux de 6 et 11 ans qui regardent pas mal la TV chez eux. Mais chez moi, lorsque j’ai le plus grand quelques jours en vacances, il ne la réclame quasi pas car on fait d’autres choses (ce qui ne veut pas dire que chez eux ils ne font rien d’autre que regarder la tv mais c’est sans doute une des activités principales car les parents travaillent, qu’ils sont en appartement et ne peuvent pas sortir seuls). Bref j’aime beaucoup ton article et surtout le fait que tu expliques que c’est ton témoignage et que tu déculpabilises les parents. C’est assez rare pour mériter d’être souligné !

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